Mariage des cousins Silberman
Cette photo a été prise lors du mariage de Rosette Sibermenn, la fille aînée de Lazare Silberman, lequel ne figure pas sur cette photo, parce qu’il est mort en 1920. (D’où le prénom de Lazare Bercovici). Tina doit être enceinte de Juliette
On y voirt en plus de Tina, Abraham et JO,
Rosy (derrière le marié, les cheveux déjà coupés!)
Et Paul, un rang derrière Rosy, derrière le grand type qui est à sa droite.
Sur cette photo on voit aussi Sally Silberman,(née Hyger le 24 février 1879 à Botosani (Roumanie), (à la droite du marié) l’épouse de "l’oncle Lazare", son fils Charles, (le cousin Charles Sibermann) jeune adolescent, est aussi présent : tout à fait à droite de la photo, au troisième rang, le premier jeune garçon (pochette, les mains d’une dame sur son épaule)
Lazare Silbermann (oncle ou cousin?) de notre grand père Abraham Bercovici (sa mère, Clara Silbermann, épouse de Joseph Bercovici, était la sœur (ou la tante?) de Lazare.
Lazare Silbermann était lui aussi tailleur,. Bien qu'ayant déjà 4 enfants en bas âge (Rosette, Ernestine, Charles et Jean), Il part au front comme engagé volontaire pour faire, dit-il « mon devoir envers notre pays d'adoption ». Il sera signalé pour son courage :
1914-1918 , historique du 234e régiment d'infanterie, Relation des hauts faits collectifs et individuels <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226082z/texteBrut>
Le 29 Juin 1916, le 234a occupant le réduit d'Avocourt, est violemment attaqué après un intense bombardement par minehwerfer et obus de tous calibres qui dure de 7 h. 30 à 16 heures. L'ennemi est repoussé après une lutte à la grenade qui dure une demi-heure. Le sous-lieutenant DUMESNIL DU BUISSON a eu sa section presque entièrement anéantie par le bombardement, lui -même est à demi enterré. …..
A signaler également la belle conduite des soldats Roy, BOUGNOTTEAU, LATOURNERIE, LUCBERSET, SILBERMANN, FLEURY, BERTHAUD, CHARPIS, ARTIGUE, LABILLE, DORE, GUILBAUD ; Des caporaux : BERTHAUD, LORMEAU, TISSIER, DAYRE et DUDON ; Des sergents : POINEAU, LAFFARGUE et LABORDE, fourrier.
Avant de partir, il laisse à sa femme, réfugiée roumaine comme lui, et à ses enfants une lettre poignante (à ouvrir seulement après sa mort) témoignant de sa lucidité et de son courage. Cette lettre, considérée comme exemplaire, a été retenue parmi des milliers d'autres lors des cérémonies anniversaires de la guerre, publiée et citée à de nombreuses reprises.
<https://fr-fr.facebook.com/fflvar/videos/524328194441013/>>
Paris, le 07 08 1914
« Ma chère Sally,
Avant de partir faire mon devoir envers notre pays d’adoption ,la France que nous n’avions jamais eu à nous plaindre, il est de mon devoir de te faire quelques recommandations, car je ne sais pas si je reviendrai.
En lisant cette lettre, bien entendu, je n’y serai plus, puisqu’il est stipulé qu’il faut ouvrir la lettre qu’après ma mort :
1) Tu trouveras dans le coffre-fort quatre lettres que tu remettras à qui de droit,
2)Tu trouveras un papier timbré de mon actif et de mon passif où il est bien stipulé que tu es avec mes chers enfants les seuls héritiers du peu, malheureusement, qu’il reste de moi.(…)
Bien sûr, ma chère, je sais que je te laisse dans la misère, car tout cela représente beaucoup et en réalité ne présente rien .Je te laisse un gros fardeau que d’élever quatre petits orphelins que pourtant j’aurais voulu les voir heureux car tu le sais que j’ai jamais rien fait pour moi. j’ai toujours pensé te rendre heureuse ainsi que nos chers petits. J’ai tout fait pour cela et, pour finir, je n’ai pas réussi ce que j’ai voulu.
Je te remercie pour les quelques années de bonheur que tu m’as données depuis notre mariage hélas trop court, et je te prie d’avoir du courage ,beaucoup de courage pour élever nos petits chérubins en leur inspirant l’honnêteté et la loyauté, en leur donnant l’exemple par toi-même, et je suis sûr qu’il ne te manquera pas de courage. Parle-leur toujours des sacrifices au- dessus de ma situation que j’ai faits pour eux et qu’il suivent mon exemple.
Quant à toi, je crois qu’il te restera de bons souvenirs de moi .
Nous nous sommes aimés jusqu’à la fin et c’est ce souvenir et celui de ma conduite envers toi et envers tout le monde qui te donnera du courage de supporter le gros fardeau que je te laisse .
Une dernière fois, je t’engage à bien sauvegarder l’honneur de nos chers enfants en leur donnant de bons exemples et je suis sûr que cela répondra comme un écho quand le moment arrivera.
Je t’embrasse une dernière fois.
Ton compagnon de bonheur et de malheur,
Lazare
Son histoire est également retracée dans le Coffret « 14-18 Paroles de poilus », Editions Montparnasse, où figure également la lettre adressée à ses enfants et des documents photos.
<ttps://clio-cr.clionautes.org/coffret-14-18-paroles-de-poilus-editions-montparnasse.html>
Mes chers petits enfants,
J'ai une suprême recommandation à vous faire. Aujourd'hui, vous êtes petits ; demain vous serez grands. Prenez en considération ce que je vous écris. Respectez votre maman ; obéissez-lui sans cess car elle a la lourde charge de la mère et du père... Prenez l'exemple de nous. Aimez-vous, soyez loyaux et honnêtes, et vous serez heureux en ayant votre conscience tranquille. C'est à toi, Rosette, ma chère enfant, de donner l'exemple à Ernestine ta petite sœur et à Jean et Charles tes petits frères pour que vous preniez tous le bon chemin. Soyez tous bons ( …) Que mes larmes que je verse en faisant cette lettre vous inspirent de faire tout ce que je voudrais et que vous deveniez tout ce que je vous souhaite.
Gardez précieusement cette lettre ; souvenez-vous de votre malheureux père et suivez ses conseils.
Lazare Silbermann.
P.-S. Surtout respectez votre maman. Evitez-lui tout chagrin qu'il pourra lui se présenter. Adoucissez-luio sa vie et faites-lui oublier tout ce qu'il pourra se présenter comme amertume dans la vie.
Lazare Silbermann reviendra épuisé de cette guerre et ne survivra pas, en 1920, à la grippe espagnole. Sa femme, Sally, veuve de guerre, sera arrêtée par la police françaisei déportée, de Pithiviers, le 21/09/1942 par le convoi 35 et assassinée à Auschwitz .